mardi 9 décembre 2008

Soirée Rencontre

Soirée Rencontre /Témoignage
Des racines et des pousses en Tanzanie

à 18H le mardi 16 décembre 2008 à l’EPJ à Istres (13)


Au programme : expo, projection photos, débat…

De retour...

Ce projet constitue l'aboutissement d'un rêve : celui de participer à la construction du lien social entre les jeunes par delà les cultures et les frontières pour préserver la planète et ses habitants. Aujourd'hui de retour, j'ai de nouveaux défis à relever (à commencer par la recherche d'un emploi ) et à concilier avec la poursuite de mon engagement (expos, rencontres, éducation à la culture de paix etc...).

En Afrique toutes les personnes que j'ai rencontrées continuent à agir, malgré les nombreuses difficultés qui se posent à eux.
Un groupe en France a réussi à obtenir des bourses d'études pour trois jeunes Tanzaniens. Les réfugiés qui se sont grandement investis dans nos activités à Lugufu aspirent à partager leurs connaissances et à introduire leurs actions une fois de retour dans leur pays d’origine, la République Démocratique du Congo. Le camp de Lugufu devait fermer à la fin de l’automne 2008, mais avec les événements dans la région du Nord Kivu la fermeture a été repoussée... Il est difficile de suivre la trace de ces jeunes ambassadeurs de la paix, qui ne doivent pourtant pas rester isolés. Il faut donc plus que jamais les aider à poursuivre leurs efforts, consolider les partenariats transfrontaliers autour du lac Tanganyika et les relayer à travers le monde, pour continuer à garder espoir.

Chacun de nous peut avoir un impact positif sur son environnement et sa communauté, avec un peu de volonté et d'entraide ; un engrais universel pour faire pousser « les racines et les pousses » d’un monde meilleur. A nous donc d’unir nos efforts pour semer ensemble des graines d’espoir et les voir grandir en France et dans le monde.



Pour + d'infos, nous rejoindre, etc... n'hésitez pas à consulter les liens disponibles sur ce blog, où à me contacter !

Quelques portraits

J’ai rencontré pour la première fois plusieurs membres fondateurs de Roots & Shoots au Burundi et en RDC à Kigoma, ville qu’ils connaissent bien pour y avoir vécu alors qu’ils étaient réfugiés. Après m’avoir raconté leurs histoires, leurs succès et leurs difficultés, ils m’ont fait part de leurs espoirs. Voici donc quelques portraits de personnes qui me tiennent particulièrement à cœur :


Parce qu’il a du fuir le Burundi en proie à un violent conflit ethnique, David Ninteretse a vu ses études interrompues plusieurs fois. C’est en Tanzanie qu’il a pris connaissance du programme Roots & Shoots, qu’il a finalement ramené avec lui au Burundi. Il a alors fait la connaissance d’Ancile Ntirwihisha. Ancile fait partie des « Inkingi z’ubuntu » c'est-à-dire des personnes qui ont risqué leur vie pour sauver celle des autres. Dans un quartier à majorité Tutsi, Ancile a caché chez elle des enfants Hutu dont les parents avaient fui de peur d’être tués. Depuis ces enfants ont grandi, et certains ont rejoint Roots & Shoots aux côtés d’Ancile et de David, dans l’espoir d’un meilleur avenir pour un pays à reconstruire.


Justin Kashara a lui aussi dû trouver asile en Tanzanie pour fuir la guerre qui déchirait son pays, la République Démocratique du Congo. Au centre scolaire congolais de Kigoma, il a rencontré John Shabani, un autre réfugié congolais avec qui il partageait son enthousiasme pour Roots & Shoots, qu’ils introduirent de retour en RDC. Ensemble, ils sont parvenus petit à petit à mobiliser les jeunes autour d’activités variées, dont une conférence sur la biodiversité et le tourisme durable et la production d’un CD de musique célébrant la paix.














Initiative transfrontalière pour la paix en RDC en au Burundi






En tant que messagère des Nations Unies pour la Paix, le Dr Jane Goodall souhaite aider les jeunes en République Démocratique du Congo et au Burundi, par une initiative transfrontalière à partir de la Tanzanie. Ce projet permettrait à des jeunes de Tanzanie, du Burundi et de RDC d’unir leur forces pour faire face à plusieurs préoccupations communes : la protection du lac Tanganyika et des primates, ainsi que la promotion d’une meilleure tolérance ethnique et d’une plus grande compréhension des réfugiés et rapatriés au sortir de la guerre. Dans cette perspective, nous avons commencé à collecter des informations auprès des volontaires Roots & Shoots en RDC et au Burundi.



C’est avec ces volontaires que j’ai noué une forte amitié avec et coordonné un voyage d’études dans ces deux pays en période d’après guerre. Ayant dû reporter notre visite en RDC pour des raisons de sécurité, nous sommes partis au Burundi à la rencontre des jeunes, des autorités, et de groupes particulièrement meurtris par la guerre : filles mères, enfants soldats démobilisés et rapatriés privés de leurs terres. Tous sont porteurs d’initiatives pour relancer l’économie de leur pays, qui va devoir relever de nombreux défis pour se relever définitivement des conflits civils.
Au Burundi comme en RDC, les volontaires Roots & Shoots manquent de tout : moyens de transport et de communication, outils, matériel pédagogique, etc… Ils ont donc besoin de l’aide de jeunes du monde entier pour concrétiser leurs espoirs.


Dans ce site de rapatriés oublié des autorités à quelques pas de la capitale, pas d'eau, ni de toitures isolantes, très peu de nourriture, pas d'accès aux soins médicaux ni à l'éducation. Lorsque j'ai rencontré quelques uns de leurs habitants, ils m'ont confié leurs difficultés et leur frustrations, leur sentiment d'être encore et toujours privés de leur identité. Sur place quelques volontaires tentent de les aider à vivre, à exister.

Activités au camp de réfugiés de Lugufu et des alentours








Parce qu’elle est située à proximité de la frontière nord-ouest du pays sur les rives du lac Tanganyika, la région de Kigoma compte plusieurs camps de réfugiés. C’est dans celui de Lugufu, qui accueille environ 40 000 réfugiés de la République Démocratique du Congo, que j’ai séjourné plusieurs mois.

Autour du camp, l’environnement a particulièrement souffert de la déforestation pratiquée pour le bois de chauffage et les cultures, ainsi que de la consommation de viande de brousse par les réfugiés du camp. Face à ce constat, le programme Roots & Shoots a été introduit à Lugufu afin d’éduquer les réfugiés en matière de protection environnementale et de réduire les tensions avec la population locale.

Je suis devenue une vrai « maman poule » au contact de l’équipe de volontaires locaux ! Nous avons en effet obtenu de nombreuses couvées grâce à un incubateur de fabrication artisanale marchant au pétrole et au charbon et pouvant recevoir environ 200 œufs à la fois. Après éclosion, les poussins sont soignés et nourris pendant un mois avant d’être distribués à des enfants formés à l’élevage. En fournissant des sources de protéines animales aux réfugiés dont les rations alimentaires sont dépourvues de viande et de poisson, Roots & Shoots augmente la sécurité alimentaire et les revenus de nombreuses familles afin de diminuer le trafic de viande de brousse dans le camp.

J’ai aussi animé des ateliers sur la planification de projets dans 14 écoles primaires et secondaires du camp, ainsi que des formations à destination des enseignants. Par la suite, certaines écoles ont mis en place des micro-projets pour améliorer les conditions de vie au camp, tel qu’un salon de coiffure pour permettre aux enfants les plus défavorisés de se faire raser les cheveux à tarif réduit, une formalité obligatoire pour être admis en cours. Par ailleurs, de nombreuses écoles entretiennent un jardin potager. Les récoltes sont utilisées dans le cadre de restaurants scolaires pour améliorer la nutrition des élèves, qui distribuent les excédents aux personnes les plus vulnérables du voisinage.
Enfin, c’est pour des centaines d’enfants enthousiastes que nous avons organisé avec des spécialistes des projections vidéo, une exposition, ainsi que des formations sur la protection des chimpanzés et de leur environnement.




Autour du camp :

Pour encourager de bonnes relations avec la population locale, Roots & Shoots offre aux jeunes réfugiés de multiples opportunités de rencontres avec les enfants Tanzaniens à proximité du camp, tels que ceux de l’école secondaire de Kasuramimba. Dans cette école, les enfants luttent contre la coupe des arbres par la création de pépinières, d’une bibliothèque sur la protection de l’environnement ouverte aux réfugiés, ainsi que d’une petite réserve forestière où l’aloe vera et d’autres espèces endémiques telles que ont refait leur apparition.

Comme tous les ans, nous y avons organisé un séjour en camping pour une cinquantaine d’enfants du camp et de ses environs. Tous ont pris part à de nombreuses activités sportives et éducatives dans un esprit ludique et de partage, aux côté des anciens du village et d’une troupe de jeunes acteurs et réfugiés Congolais qui jouèrent des pièces sur la protection de l’environnement et la résolution des conflits. Les enfants sont partis plus soudés, compréhensifs et tolérants vis-à-vis de leurs voisins. Nous avons également organisé des rencontres sportives au cours desquelles la ferveur des jeunes supporters était communicative et inoubliable !

Activités réalisées autour de Kigoma :




J’ai souhaité me rendre à Kigoma car c’est là, à proximité du parc de Gombe où se trouvent les chimpanzés étudiés par Jane et son équipe, qu’ont été mises en place des activités de développement communautaire innovantes et variées (planning familial, agriculture durable, etc…), partant du constat que la conservation environnementale et le bien être de la communauté humaine vont de pair.



Je suis d’abord partie dans la région de Masito-Ugalla, une zone forestière d’environ 5760 km² au sud de Kigoma. Au cours des dernières années, cette région a largement souffert de la déforestation, du trafic de viande de brousse et de mauvaises pratiques agricoles, ce qui a accru la pauvreté, l’érosion, ainsi que la disparition de la faune et de la flore. Sur place nous avons visité des écoles isolées et pour la plupart dénuées de tout (classes, matériel scolaire, professeurs) afin de sensibiliser les écoliers à la protection de l’environnement.

Activités réalisées à Dar Es Salaam



Afin de sensibiliser les jeunes Tanzaniens à la protection de l’environnement et de promouvoir une culture de paix et de solidarité, j’ai initié plusieurs activités, l’objectif étant de stimuler l’inventivité et l’autonomisation des jeunes.

A Dar es Salaam, j’ai animé des ateliers de sensibilisation à la protection de la nature et à la promotion du bien-être de la communauté humaine et animale au sein de différentes structures (écoles, orphelinats, centres médicaux, etc...). A la suite de ces ateliers, différentes activités ont été organisées, telles que des sorties éducatives, divers concours et rencontres sportives, ainsi que des opérations de nettoyage.



Programme de bourse Roots & Shoots-Yatima :

Je me suis particulièrement investie en faveur du programme de bourse Roots & Shoots-Yatima, qui permet à 26 orphelins de poursuivre leurs études secondaires grâce à un soutien financier et moral et un suivi pédagogico-médical. Les enfants sont invités à s’impliquer dans le cadre de Roots & Shoots afin de gagner en confiance par le biais d’activités collectives et leur permettre de préparer leur vie d’adulte sur de bonnes bases.

Ce projet récent a besoin de moyens humains et financiers plus importants pour prendre en charge davantage d’orphelins. C’est pourquoi j’ai d’abord contribué à l’évaluation du programme et à la recherche de fonds, avant d’animer un séminaire de développement personnel pour améliorer la communication et la prise de décision parmi les boursiers.

2. Les jeunes en Tanzanie :


La Tanzanie est un pays d'Afrique de l'Est, situé en bordure de l'océan indien. Il est entouré au nord par le Kenya et l'Ouganda, à l'ouest par le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo, au sud-ouest par la Zambie et le Malawi et au sud par le Mozambique.



La Tanzanie actuelle est née de l'union du Tanganyika et de Zanzibar le 26 avril 1964, peu de temps après leur indépendance respective vis-à-vis du Royaume-Uni.
Le pays couvre 945 087 km². Il présente un relief varié et abrite de nombreuses espèces animales et végétales, dont la plupart sont menacées. Sa capitale, Dodoma, est située à l'intérieur des terres. Cependant, le principal pôle économique reste l'ancienne capitale Dar es Salaam, sur la côte. Les langues officielles sont le Kiswahili et l'Anglais, mais on parle également l'Arabe.
La Tanzanie est peuplée de plus de 40 millions d'habitants. Malgré un certain essor économique, la Tanzanie est encore l’un des pays les plus pauvres au monde, avec un fort taux de mortalité infantile et environ 1,6 million de personnes contaminées par le Sida, ce qui place la Tanzanie au 12e rang mondial des pays touchés par le VIH.
Par sa situation géographique, la Tanzanie est le pays africain qui accueille le plus de réfugiés, provenant principalement du Burundi et de la République Démocratique du Congo. Actuellement, plus de 500 000 d'entre eux se trouvent sur son territoire, dont une majorité de femmes et d’enfants.
La Tanzanie est un pays jeune qui présente de nombreux atouts, même si en raison de son système scolaire, encore peu d’enfants peuvent poursuivre leur scolarité à l’issue de l’école primaire. Cette jeunesse doit être solidaire pour protéger ses richesses environnementales afin d’assurer son avenir, et par-là même celui d’un pays, d’un continent, et de la planète. C’est donc auprès de ces jeunes écoliers, orphelins, victimes de la maladie et réfugiés, que je me suis rendue pour faire grandir « des racines et des pousses »...

Comment l’idée des racines et des pousses a germé...


Cette démarche s’inscrit en parfaite continuité avec mon chemin de vie, qui, compte tenu de mes valeurs (tolérance, dignité et solidarité) et mes centres d’intérêts (la protection de des droits humains, de la nature et la coopération internationale), m’a amenée à croiser celui du Dr Jane Goodall, grande primatologue et dame de cœur. J’ai pu littéralement marcher dans ses traces, et partager une expérience exceptionnelle autour du lac Tanganyika en Tanzanie.




1. Comment l’idée des racines et des pousses a germé...

D’origine britannique, le Docteur Jane Goodall s’est fait connaître pour ses observations sur le terrain. Parce que nos proches cousins sont grandement menacés, le Docteur Goodall ne cesse d’œuvrer pour leur protection à travers l’Institut qui porte son nom depuis 1977 aux Etats Unis, et qui est représenté en France depuis 2004.

C’est en Tanzanie, en 1991, que Jane Goodall et un groupe de jeunes Tanzaniens soucieux de préserver l’environnement ont créé « Roots & Shoots », le programme jeunesse de l’Institut Jane Goodall. Celui-ci vise à encourager la compréhension, favoriser le respect et la compassion et inciter chacun à mener des actions dans trois domaines majeurs :
· L'environnement (naturel et / ou façonné par l'homme)
· La communauté animale (sauvage et / ou domestique)
· La communauté humaine

Roots & Shoots, que l’on peut traduire en Français par « des racines et des pousses », représente un message d’espoir. A l’image des racines et des jeunes pousses qui peuvent transpercer les murs les plus solides pour atteindre la lumière, chaque individu, si jeune soit-il, peut améliorer le sort du monde. Roots & Shoots aujourd’hui, c’est plus de 8 000 groupes de jeunes répartis dans une centaine de pays.

Lorsque j’ai rencontré le docteur Jane Goodall pour la première fois en 2003, celle-ci m’a demandé de mobiliser les jeunes de mon entourage autour de la construction de colombes géantes pour la paix, ce qui s’est concrétisé par un défilé à l’occasion de la journée internationale de la paix à Marseille. Dès lors, j'ai toujours souhaité partir en Tanzanie, là où le programme avait commencé, pour réaliser des activités de plus grande envergure aux côtés de jeunes particulièrement vulnérables et désireux d’améliorer leur cadre de vie.