Augustino Lunyange, Coordinateur regional Roots & Shoots à Kigoma et moi, animant un atelier sur la supervision des clubs Roots & Shoots
Le lendemain, nous avons organisé une excursion au parc national de Gombe pour une quinzaine de coordinateurs du camp de réfugiés de Lugufu. Nous sommes partis à bord d’un des bateaux de l’Institut, notre bureau ayant un accès direct au lac. Quel plaisir de prendre son petit déjeuner (chapatis et sodas sous une petite pluie) en voyant défiler le rivage, les barques de pêcheurs et les familles de babouins. Longeant les collines qui bordent le lac, on ne peut qu’être frappé par le contraste entre les collines verdoyantes du parc et celles qui ont fait l’objet de déforestation. D’abord dégradée par l’homme, la nature reprenait peu à peu ses droits au fur et à mesure que nous nous rapprochions du parc, la végétation devenant de plus en plus luxuriante. A l’entrée du parc j’ai du mal à croire que je suis sur le point de réaliser l’un de mes rêves de petite fille les plus chers : partir sur les traces de Jane Goodall à la rencontre des chimpanzés a Gombe… Et la réalité a dépassé tout ce que j’avais pu imaginer à partir des récits de ma primatologue préférée !
A leur arrivée, les quelques visiteurs de Gombe (le prix d’entrée du parc étant volontairement élevé) sont d’abord invités à prendre connaissance du règlement du parc en matière de sécurité et d’hygiène, le contact avec les humains pouvant grandement fragiliser la petite communauté de chimpanzés de Gombe, actuellement réduite à environ 170 individus. Après les formalités de rigueur, nous voilà partis sur la piste de ceux que j’ai appris à connaître par les récits de Jane, et qui m’accompagnent depuis mon enfance. C’est donc pratiquement comme si je rendais visite à de vieilles connaissances, dans un environnement privilégié, un havre de paix et de verdure surplombant le bleu azur du lac… Mon cœur s’emballe aux premiers cris de chimpanzés, m’aidant à trouver la force de suivre notre guide à travers les broussailles. Et soudain je lève les yeux sur un bébé chimpanzé suspendu dans les lianes, sa famille à ses pieds. C’est ainsi que nous avons suivi Gremlin et Gaia à travers la forêt, là dégustant de jeunes tiges, là allaitant les jumeaux, plus loin pour une séance de « gratt’amicale » ou dépouillage collectif dans un écrin de feuillages et branchages.
Et dans un écrin de verdure…
Ne souhaitant pas déranger trop longtemps la tranquillité de nos hôtes, nous poursuivîmes notre promenade sur les sentiers forestiers au milieu des oiseaux, cikalas (cigales locales) et autres primates (babouins, red colobus), sous le soleil et la pluie, pour rejoindre la plage, avec au loin, les montagnes burundaises et congolaises. Quelle joie de nager dans ce paysage, puis de céder à la rêverie en observant le coucher du soleil… La nuit, les étoiles paraissent plus brillantes à Gombe, avec les lanternes des barques de pêcheurs qui leur répondent a l’horizon.
Plage à Gombe
Le lendemain, nous avons pu assister au petit déjeuner de Ferdinand au prix d’une course sur les versants sud du parc, au cours de laquelle nous aurions bien cédé notre statut de bipède contre celui de quadrupède à poils, bien plus pratique et discret ! Au retour nous avons suivi la rivière jusqu'à la cascade de Kakombe, celle auprès de laquelle les chimapzes viennent aussi se ressourcer, passant de longs moments à observer la beauté des chutes d’eau…
Plus le temps de se rendre à Jane’s peak, notre permis de 24 heures venant à expiration… la prochaine fois, j’espère ! En attendant, ces moments resteront gravés dans mon esprit à jamais. Le voyage de retour a lui aussi été inoubliable, en water taxi, une large barque à moteur sur laquelle les passagers sont assis sur les côtés, qui faisait escale à chaque village afin de charger les cargaisons de poissons argentés.
Water taxi
A Kigoma, plus une minute à perdre, car je devais boucler le budget et repartir au plus vite au camp de Lugufu afin de reprendre nos activités, accompagnée de Bedan, un autre volontaire Roots & Shoots, un talkie-walkie et deux vélos pour nous déplacer… Et la encore le travail ne manqua pas, à commencer par une réunion avec les participants à ces deux journées pour mettre en place de nouvelles activités sur les chimpanzés avec les enfants dans le camp de réfugiés.



