mardi 11 décembre 2007


Mes activites
Afin de sensibiliser les jeunes à la protection de l’environnement et promouvoir une culture de paix et de solidarité, je participe à plusieurs activités au cours desquelles je joue un rôle d’instigatrice. L’objectif est en effet de stimuler l’inventivité et l’autonomisation des jeunes afin qu’ils créent leurs propres structures et qu’ils agissent par eux-mêmes.

Ma tâche principale consiste à organiser et participer à des activités de sensibilisation à la protection de la nature et à la promotion du bien-être de la communauté humaine et animale au sein des différentes structures existantes à Dar es Salaam (écoles, orphelinats, clubs Roots & Shoots, etc...).

J’anime ainsi des ateliers d’information sur la protection des chimpanzés, à partir desquels les enfants pourront mettre en place des actions selon leurs intérêts (reforestation, visites de parcs naturels, recyclage...). Je commence par présenter le Docteur Jane Goodall en kiswahili, puis le programme Roots & Shoots. Les enfants se montrent toujours très enthousiastes et posent de nombreuses questions. Mon rôle consiste également à leur apporter mon soutien dans leurs projets. Une fois qu’ils ont sélectionné le projet qui leur tient le plus à cœur et qui s’avère le plus réalisable, je les aide à mobiliser les fonds et les ressources nécessaires afin de mener a bien leurs activités. J’ai notamment emmené des élèves de deux écoles primaires visiter la réserve forestière de Pugu Hills, une des plus anciennes forêts du pays, dont l’étendue a nettement diminué en raison de l’accroissement des demandes en charbon, bois tropical et des cultures. Ensemble nous avons identifié de nombreux spécimens d’arbres, la plupart endémiques, et étudié leurs usages. A partir de croquis et de leurs observations, les élèves ont réalisé deux posters qui seront exposés lors du mois « Roots & Shoots » en Février 2008. Ils pourront alors partager leurs expériences avec tous les autres clubs Roots and Shoots de Dar es Salaam et du pays, en participant à de nombreuses activités (tournois de basket, défilés, etc…).

Les jeunes en Tanzanie

La Tanzanie est un pays d'Afrique de l'Est, situé en bordure de l'océan indien. Il est entouré au nord par le Kenya et l'Ouganda, à l'ouest par le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo, au sud-ouest par la Zambie et le Malawi et au sud par le Mozambique.
La Tanzanie actuelle est née de l'union du Tanganyika et de Zanzibar le 26 avril 1964, peu de temps après leur indépendance respective vis-à-vis du Royaume-Uni.
Le pays couvre 945 087 km². Il présente un relief varié et abrite de nombreuses espèces animales et végétales, dont la plupart sont menacées. Sa capitale, Dodoma, est située dans l'intérieur des terres. Cependant, le principal pôle économique reste l'ancienne capitale Dar es Salam, située sur la côte. Les langues officielles sont le Kiswahili et l'Anglais, mais on parle également l'Arabe.
La Tanzanie est peuplée de près de 40 millions d'habitants. Le taux d'alphabétisation est de 78,2% pour les personnes de plus de 15 ans. Malgré une amélioration certaine, le pays compte encore 4,77 enfants par femme pour un taux de mortalité infantile de 71,69‰. La population souffre de la forte incidence des maladies infectieuses. 8,8% de la population, soit 1,6 million de personnes, sont contaminées par le Sida, ce qui place la Tanzanie au 12e rang mondial des pays touchés par le VIH. Ce virus a laissé beaucoup d’enfants orphelins.
Par sa situation géographique, la Tanzanie est le pays africain qui accueille le plus de réfugiés provenant principalement du Burundi et de la République démocratique du Congo. Actuellement, plus de 500 000 d'entre eux se trouvent sur son territoire, dont une majorité de femmes et d’enfants.

La Tanzanie est un pays jeune qui présente de nombreux atouts. Sa jeunesse doit être solidaire pour protéger ses richesses environnementales afin d’assurer son avenir, et par-là même celui d’un pays, d’un continent, et de la planète. C’est donc auprès de ces jeunes, écoliers, orphelins, réfugiés, que je me rends pour faire grandir des racines et des pousses...

Comment l’idée des racines et des pousses a germé...
Le docteur Jane Goodall, primatologue de renom, est à l’origine de l’Institut qui porte son nom, à travers lequel sont proposées de nombreuses activités de recherche, d’éducation et de conservation tendant à la protection des grands singes. Au sein de l’institut Jane Goodall en Tanzanie, je travaille en tant que volontaire dans le cadre de « Roots & Shoots»[1], un programme éducatif humanitaire pour l'environnement pour et par les jeunes du monde entier.

D’origine britannique, le Docteur Jane Goodall s’est fait connaître pour ses observations sur le terrain. C’est elle qui a révélé les comportements sociaux des chimpanzés au grand public à partir des années 60. Grâce à ses recherches, nous savons maintenant que les chimpanzés sont biologiquement semblables aux humains, qu'ils démontrent de nombreuses capacités intellectuelles, qu'ils utilisent des outils et que les membres d'une même famille maintiennent des liens forts et durables et ce, durant toute leur vie. Depuis lors, le Docteur Goodall n’a cessé d’œuvrer pour la protection de nos proches cousins, aujourd’hui fortement menacés.

Créé en 1977, en Californie, l'Institut Jane Goodall, est une organisation internationale à but non lucratif de protection et de recherche sur les grands singes. L'institut est indépendant de tout pouvoir politique, religieux, militaire ou économique. Son siège international est à Arlington (Virginie), aux Etats-Unis[2]. Il est également représenté en France depuis 2004[3].

« Roots & Shoots » est un programme qui vise à inciter la jeunesse à réagir aux menaces qui pèsent sur la planète (destruction des forêts, désertification, changement climatique, pollution, guerres...)
Il a vu le jour en Tanzanie, en février 1991, lorsque le docteur Jane Goodall a reçu la visite d’un groupe de jeunes tanzaniens désireux de s'investir pour la protection des animaux et de l'environnement.
Roots & Shoots représente un message d’espoir. Il s’inspire des racines et des jeunes pousses qui peuvent transpercer et déplacer les murs les plus solides. Chaque individu, si jeune soit-il, peut améliorer le sort du monde.
Par le biais de projets à l'échelle locale et internationale, le programme centre ses activités sur l'apprentissage pratique. La mission de Roots & Shoots vise à encourager la compréhension, favoriser le respect et la compassion et inciter chacun à mener des actions dans trois domaines majeurs :
· L'environnement (naturel et / ou façonné par l'homme)
· La communauté animale (sauvage et / ou domestique)
· La communauté humaine
En encourageant les jeunes à agir pour améliorer leur cadre de vie, Roots & Shoots contribue à renforcer leur esprit de solidarité et de tolérance, ainsi que leur confiance en eux.

Le mouvement se compose aujourd’hui de 8 000 groupes de jeunes actifs répartis dans plus de 95 pays. Parmi leurs nombreuses activités, ils nettoient des lits de rivières, ils informent leurs camarades à propos des espèces menacées d'extinction et de l'importance des soins et du bien être de tous les animaux, et ils organisent des événements au cours desquels ils célèbrent différentes cultures.

[1] En Français, « Des racines et des pousses »
[2] The Jane Goodall Institute - USA Headquarters, 4245 North Fairfax Drive, Suite 600, Arlington, VA 22203, Telephone: (703) 682-9220, Fax: (703) 682-9312 Site Internet : http://www.janegoodall.org
[3] Institut Jane Goodall France, 1 Rue du Général Bertrand, 75007 Paris Site Internet : http://www.janegoodall.fr, E-mail : info@janegoodall.fr

mercredi 28 novembre 2007

Introduction

Bonjour ! Habari yako ? (Comment allez-vous ?) Je m’appelle Julie Estal, et je suis arrivée en Tanzanie au début du mois de Novembre 2007. Tout juste diplômée d’un master 2 professionnel spécialisé dans le droit et la pratique des ONG et des organisations internationales, je cherche à acquérir l’expérience professionnelle requise pour travailler au sein de ces organismes. C’est tout naturellement que j’ai d’abord souhaité partir en Tanzanie, au service de l’Institut Jane Goodall, une dame chère à mon cœur qui m’inspire depuis mon enfance…

C’est en lisant ses livres que j’ai désiré apprendre l’Anglais et m’ouvrir sur le monde. Je m’imaginais alors comme elle en train d’observer les chimpanzés en Afrique. A l’âge de 12 ans, j’ai cherché à réaliser des actions à mon échelle en éditant un journal de protection de la nature avec des jeunes correspondants du monde entier. Depuis, j’ai axé mes études en fonction de mes préoccupations.

L’obtention d’un baccalauréat international m’a permis de partir étudier le droit entre Londres et la Sorbonne à Paris. Contrainte d’interrompre mes études pendant une année, j’en ai profité pour mettre à profit mon brevet d’animatrice afin de réaliser des activités de sensibilisation auprès de jeunes enfants dans ma région d’origine : la Provence (ateliers sur la protection des droits de l’enfant, vente et fabrication de poupées « Frimousses » pour l’achat de vaccins avec l’UNICEF, etc...). Au cours de cette année, j’ai eu la chance de rencontrer le Docteur Jane Goodall à Londres. Celle-ci m’a alors demandé de mobiliser les jeunes de mon entourage autour de la construction de colombes géantes pour la paix, ce qui s’est concrétisé par un défilé à l’occasion de la Journée Internationale de la Paix à Marseille (photo). Cette expérience unique m’a redonné l’espoir et le courage pour reprendre mes études, à la poursuite de mon rêve : travailler dans le domaine de la solidarité internationale. Depuis, j’ai continué à m’investir dans des activités extra-scolaires à vocation sociale et humanitaire, en tant que responsable des antennes jeunes d’Amnesty International dans mes universités des deux côtés de la Manche, puis comme bénévole à la commission juridique de cette organisation à Paris. Après avoir pris part à la construction d’un centre pour les jeunes au Burkina Faso en 2004, il me tardait de revenir en Afrique afin de travailler davantage en faveur de la jeunesse. Autant dire que l’appel aux volontaires pour prêter main forte aux activités de l’Institut Jane Goodall en Tanzanie était pour moi une occasion rêvée !